
Â
Bonjour Ă toutes et Ă tous et bienvenue dans ce seiziĂšme psycho mail !
Â
Si vous avez dĂ©jĂ eu lâimpression que votre cerveau Ă©tait un employĂ© un peu trop zĂ©lĂ©, qui continue de bosser mĂȘme aprĂšs sa journĂ©e, bienvenue dans le club. Une participante du programme DĂTOCâS mâa posĂ© une question ultra pertinente : « Y a-t-il un lien entre TOC et cauchemars ? Depuis que je travaille sur lâarrĂȘt de mes compulsions, je fais plus de cauchemars⊠»
Â
Et si je vous disais que câest plutĂŽt normal ?
TOC et rĂȘves : un duo bien rodĂ©
Nos rĂȘves sont en quelque sorte le rĂ©sumĂ© de notre journĂ©e. Le cerveau y traite tout ce qui lâa marquĂ©, ce qui lâa stressĂ© ou ce sur quoi il a beaucoup focalisĂ©. Pas Ă©tonnant donc que les personnes souffrant de TOC retrouvent leurs pensĂ©es intrusives dans leurs rĂȘves ! Le TOC Ă©tant un trouble oĂč lâon cherche Ă contrĂŽler ses pensĂ©es, lâinconscient, lui, profite du sommeil pour nous les resservir sans filtre, parfois sous forme de cauchemars.
Â
Le TOC Ă©tant un trouble oĂč lâon tente de tout contrĂŽler, le sommeil, lui, est un moment oĂč on lĂąche prise complĂštement. Ce contraste peut crĂ©er des scĂ©narios oniriques intenses, souvent en lien avec les obsessions de la journĂ©e. Le cerveau, cherchant Ă digĂ©rer lâanxiĂ©tĂ© accumulĂ©e, assemble ces fragments dâinquiĂ©tude en rĂȘves parfois confus ou angoissants, comme sâil poursuivait sa tentative de rĂ©solution de problĂšme, mais en mode brouillon nocturne.
Â
Pourquoi le TOC impacte-t-il encore plus vos nuits quand vous arrĂȘtez une compulsion ?
Â
Quand on arrĂȘte une compulsion, le cerveau, habituĂ© Ă ses petites habitudes de contrĂŽle, panique un peu. Il se retrouve avec une charge dâanxiĂ©tĂ© quâil ne sait plus oĂč ranger⊠alors il lâĂ©vacue autrement, souvent la nuit, sous forme de rĂȘves plus intenses ou de cauchemars.
Â
Le sommeil, câest le grand mĂ©nage du cerveau. Il trie, il range, il essaie de nous aider Ă intĂ©grer les changements de la journĂ©e. Donc quand vous chamboulez son organisation (en arrĂȘtant une compulsion, par exemple), il peut rĂ©agir en envoyant des scĂ©narios plus stressants. Mais câest un signe quâil apprend Ă fonctionner diffĂ©remment.
Â
Ce que vous pouvez faire (et ne pas faire) :
âïž Se rappeler que câest temporaire : Plus vous avancez dans la rĂ©duction des compulsions, plus votre cerveau va finir par sâadapter.
âïž Exposition en imagination Ă vos angoisses nocturnes : Si vos cauchemars suivent un schĂ©ma prĂ©cis (ex : peur de perdre le contrĂŽle, de commettre un acte impardonnable), notez-les et relisez-les en journĂ©e. LâidĂ©e est de familiariser votre cerveau avec ces scĂ©narios pour quâil les classe comme « pas dangereux ».
âïž GĂ©rer les rĂ©veils post-cauchemar sans compulsion : Pas de Google, pas de scroll anxieux, pas dâanalyse Ă outrance du rĂȘve. Prenez une grande inspiration, rappelez-vous que câest juste une rĂ©action normale⊠et rendormez-vous.
Â
â Essayer de contrĂŽler ses rĂȘves : Ăa ne fonctionne pas, et ça ne fait quâajouter de lâanxiĂ©tĂ©.
â SurinterprĂ©ter : Un cauchemar reste un cauchemar. Il ne veut rien dire sur vous ni sur votre avenir. Câest juste votre cerveau qui Ă©vacue.
Â
Ce qu’il faut retenir :
Ces cauchemars sont un signe que vous faites du progrĂšs. Votre cerveau rĂ©agit, il digĂšre le changement. Donc au lieu de vous inquiĂ©ter, prenez-les comme une preuve que vous ĂȘtes en train de reprogrammer votre façon de gĂ©rer lâanxiĂ©tĂ©. Et si jamais vous vous rĂ©veillez en sueur, souvenez-vous : vous nâavez pas besoin de comprendre ou dâempĂȘcher ces rĂȘves, juste de les laisser passer.
Â
Prenez soin de vous et doux rĂȘves (ou pas, mais c’est pas
grave) ! đ