L’intelligence n’est pas une donnée fixe !

Nous avons tous vécu certains moments ou nous nous trouvions totalement stupide parce que nous avions fait quelque chose que nous jugions d’une bêtise sans limite tandis qu’à d’autres moments, nous avions l’impression d’être inarrêtable tellement notre cerveau bouillonnait et que nous étions d’une productivité sans faille.

Et bien la recherche dans le domaine de l’intelligence s’est récemment intéressé à ces différences intra-individuelles et a développé une approche centrée sur la personne du quotient intellectuel.

Notre fonctionnement cognitif fluctue d’un jour à l’autre…

Ces nouvelles recherches ont démontré que le fonctionnement cognitif de la plupart des individus fluctue fortement d’un jour à l’autre et même au cours d’une seule et même journée. D’ailleurs, ces fluctuations peuvent être plus marquées chez certaines personnes que chez d’autres ! Ces nouvelles découvertes s’appliquent aussi bien aux enfants qui vont à l’école qu’aux adultes dans leur vie quotidienne.

Par ailleurs, il semblerait que la fatigue cognitive, le bruit environnant, la qualité et quantité de sommeil ainsi que les émotions fassent partie des facteurs (certainement parmi d’autres) influençant grandement notre intelligence.

De plus, cette nouvelle approche de l’intelligence a également démontré que les fluctuations ne sont pas similaires pour chacun d’entre nous. Une étude allemande de 2016 sur 110 écoliers de primaire à qui l’on a fait passer des tests trois fois par jour pendant un mois et à différents endroits (à l’école et à la maison) a montré que la mémoire de travail (mémoire qui permet de stocker une information en en traitant d’autres en même temps) fluctue énormément selon le moment de la journée et d’un jour à l’autre mais que ce n’est pas vrai pour tous les individus. En effet dans cette étude, certains enfants ont démontré une certaine constance dans leurs performances cognitives. Ces enfants avaient des meilleurs résultats scolaires que les enfants qui avaient démontré des fluctuations importantes.

Quelle est l’influence des émotions sur nos performances ?

Dans cette étude, les enfants avaient également noté leurs états émotionnels au moment des tests. Les résultats de l’étude ont montré que pour la plupart, les émotions négatives faisaient baisser leurs performances cognitives alors que les émotions positives n’avaient, de façon surprenante, aucun effet. Mais encore une fois, cette observation ne vaut pas pour tous les élèves. En effet, pour certains enfants, les capacités cognitives étaient affectées par tous les états émotionnels, positifs ou négatifs tandis que chez d’autres enfants encore, les états émotionnels n’avaient aucune incidence sur leurs capacités intellectuelles. Cette étude révèle que le lien entre les émotions et l’intelligence est complexe et qu’il existe des multitudes de profils en la matière.

Dans une autre expérience, 101 enfants ont été évalués à 100 reprises sur une période de 6 mois. Les résultats de l’étude ont démontré que chaque enfant avait un profil cognitif bien à lui, avec des fluctuations bien spécifiques dans ses performances aux différentes tâches effectuées.

Cette étude a donc montré que si l’on veut prédire la performance d’un sujet à une tâche particulière, il vaut mieux prendre en compte ses fluctuations journalières plutôt que de comparer ses performances avec celles d’autres sujets à un moment T.

Quelles conclusions en tirer ?

Ces différentes études nous amènent à plusieurs conclusions. Premièrement, les difficultés rencontrées par un enfant à l’école ne sont pas forcément le reflet de ses véritables capacités cognitives mais peuvent être liées à différents facteurs influençant son intelligence (par exemple le moment ou l’on fait passer le test ou encore l’état émotionnel de l’enfant à ce moment-là). Deuxièmement et plus globalement, si nous souhaitons avoir une idée fiable de l’intelligence de quelqu’un, il ne suffit pas de lui faire passer un test à un moment T, il faut la suivre dans le temps.

Ces conclusions nous amènent à nous questionner sur notre système éducatif et ses méthodes d’évaluations. Nous venons de voir que si nous voulons connaitre le potentiel intellectuel des individus, une simple mesure à un moment T ne suffit pas à en avoir une idée fiable. Et pourtant, de nombreuses écoles basent leurs admissions sur une seule batterie de test effectuées à un moment bien précis de l’année… Certains auteurs proposent idéalement de faire passer des examens aux élèves à différents moments de l’année et de faire une moyenne globale de leurs résultats, ce qui serait plus pertinent.

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