La thérapie par exposition prolongée du trouble de stress post-traumatique

C’est une technique très développée aux Etats-Unis ainsi qu’au Canada qui a fait ses preuves grâce à des études de validation scientifique mais qui n’est encore que très peu pratiquée par les psychologues français.

En quoi consiste-t-elle ?

Nous partons du fait que les reviviscences, symptômes pathognomoniques du TSPT, vont créer une détresse émotionnelle intense chez le sujet lorsqu’il repensera à son trauma et/ou lorsqu’il sera confronté à des stimuli dits « évocateurs » du trauma (par exemple : se retrouver dans l’endroit où a eu lieu le trauma ou dans un lieu similaire, croiser quelqu’un aux mêmes caractéristiques que l’agresseur, etc.), ce qui aura pour conséquences de développer des évitements chez la personne (elle va par exemple faire des détours pour éviter de passer par certains endroits qui lui rappellent son trauma, ou ne plus réaliser certaines activités, etc.) ce qui aura comme conséquence de renforcer le TSPT (et donc appauvrira la qualité de vie du sujet).

Le but de la thérapie par exposition prolongée (EP) est de confronter le patient non seulement aux souvenirs de son trauma mais également aux stimuli évocateurs du trauma. L’exposition aux souvenirs du trauma se fait « en imagination » tandis que l’exposition aux stimuli évocateurs se fait « in vivo ».

Pour l’exposition in vivo aux souvenirs du trauma, le principe est de faire « revivre » son trauma au patient, de le « revisiter » mais avec un nouveau point de vue, plus objectif pour mieux intégrer ce qui s’est passé. Des études ont montré qu’il y avait énormément de distorsions cognitives et de pensées dysfonctionnelles de la part du patient sur son trauma et que c’était ce qui bloquait l’intégration de l’événement traumatique. Pour ce faire, on utilise en séance le « script traumatique« , c’est à dire le patient va soit rédiger sur papier, soit expliquer à voix haute pour un enregistrement ce qui s’est passé pendant l’événement traumatique dans les moindres détails (sensations, comportements, émotions, etc.) et va le travailler avec le thérapeute. Ensuite, à la maison il aura pour mission de le relire ou de le ré écouter pour s’y habituer.

De l’autre côté, l’exposition in vivo aux stimuli évocateurs permet de faire s’exposer le patient pour faire baisser son émotion (avec le phénomène d’habituation) et de lui montrer que l’événement traumatique était un événement unique et causé par une multitude de facteurs et non pas un seul.

La thérapie par EP est préconisée dans le traitement des traumas simples. Elle peut être utilisée pour le traitement des traumas complexes mais nécessitera des ajustements. Elle est proscrite s’il y a présence de symptômes dissociatifs. Les expositions se font à l’aide de la respiration ventrale pour limiter/prévenir l’apparition de symptômes anxieux trop intenses.

 

From : https://www.psychologue.net/articles/la-therapie-par-exposition-prolongee-du-trouble-de-stress-post-traumatique

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