Comment le conditionnement influence notre vie quotidienne

  • Pourquoi lorsque vous avez envie d’uriner sur le chemin du retour à la maison, cette envie s’intensifie lorsque vous passez la porte ?
  • Quels sont les mécanismes qui font que vous avez développé une phobie des chiens après avoir été mordu ?
  • Pourquoi est-il préférable de se lever de son lit en cas d’insomnies plutôt que de rester coucher sans dormir pendant des heures ?
  • Si je vous dit “Nespresso, what else ?” à qui pensez vous ?

 

La réponse à ces quatre questions tient en un mot : le conditionnement.

Et plus particulièrement le conditionnement pavlovien (aussi appelé conditionnement répondant). Ivan Pavlov était un physiologiste qui s’intéressait aux sécrétions digestives (la bave) des chiens en leur présentant de la nourriture. C’est en 1889 qu’il découvrit de façon fortuite un conditionnement qui permettait au chien de saliver sans présentation de nourriture. En réalité, Pavlov faisait saliver son chien en lui présentant de la nourriture (c’est quasiment un réflexe lorsque le chien est affamé). Puis, avant de présenter la nourriture qui faisait saliver le chien, il a fait sonner une cloche. Au bout d’un certain nombre de répétitions, le chien a finit par ne plus saliver qu’en présence du son de cloche. Le son était suffisant pour produire la réponse initialement produite par la présentation de nourriture.

Un petit schéma pour vous aider à comprendre :

Nourriture → salivation du chien

Son de cloche → rien

Son de cloche + nourriture → salivation

Au bout d’un certain temps :

Son de cloche → salivation

A ce stade, nous pouvons donc dire qu’il y a eu association entre la nourriture et le son de cloche (qui a provoqué la salivation).

 


  • Alors, pourquoi lorsque vous avez envie d’uriner sur le chemin du retour à la maison, cette envie s’intensifie lorsque vous passez la porte ?

Pour tous les humains, les toilettes servent majoritaire à uriner. C’est l’action que vous faites le plus et que vous avez, par ailleurs, fais toute votre vie. Vous comprendrez donc que l’association entre les toilettes et le fait d’uriner est très forte. C’est d’ailleurs pour cette raison que lorsque vous allez aux toilettes sans même avoir envie d’uriner, bien souvent, vous urinez quand même. Votre corps a appris à dilater votre vessie dès lors que vous allez aux toilettes, c’est comme ça.

Pour répondre à la question initiale, ce phénomène se produit lorsqu’un dysfonctionnement se créée au niveau cet apprentissage. En réalité, si votre envie d’uriner s’intensifie lorsque vous passez le pas de la porte, c’est parce que votre cerveau a appris à anticiper le moment ou vous allez pouvoir vous soulager. En gros à ce moment-là, pour votre cerveau, maison (en général) = toilettes.

C’est ce qu’on appelle le “syndrome de la clé dans la serrure” et c’est un phénomène qui peut se montrer très handicapant, surtout pour les personnes souffrant d’incontinence.

 

  • Quels sont les mécanismes qui font que vous avez développé une phobie des chiens après avoir été mordu ?

Facile, vous me direz (j’espère). Au vu du conditionnement pavlovien, une morsure de chien va vous faire apprendre que chien = méchant (en réalité ça ne se passe pas forcément toujours comme ça, plein d’autres facteurs entrent en jeux dans ce genre d’apprentissage mais vous avez ici le facteur principal). Et puisque vous avez appris que chien = méchant, si dans le futur vous recroisez un chien, vous risquez fortement d’avoir peur. Vous avez développé une phobie du chien (encore une fois, ce n’est pas aussi simple que ça mais vous avez les grandes lignes).

 

  • Question un peu plus technique maintenant, pourquoi est-il préférable de se lever de son lit en cas d’insomnies plutôt que de rester coucher sans dormir pendant des heures ?

De la même façon que lorsque vous allez aux toilettes, vous urinez, lorsque vous allez au lit, vous dormez. Et vous avez fait ça toute votre vie, tous les jours lorsque vous allez dans votre lit le soir, c’est pour dormir (à quelques exceptions près, encore une fois). Et ça, votre cerveau l’a bien compris.

Donc pour votre cerveau, lit = dormir. C’est pour cette raison que souvent, même si vous n’êtes pas fatigué, si vous allez au lit, vous finirez par trouver le sommeil. Malheureusement lorsque vous souffrez de troubles du sommeil, et plus particulièrement d’insomnies, ce n’est pas aussi simple. Si vous avez tendance à vous réveiller dans la nuit et à ne pas savoir vous rendormir, il est préférable de vous lever. En effet, si votre cerveau a appris que lit = sommeil, c’est parce que vous ne faites QUE dormir, dans ce lit. Maintenant, si lorsque vous êtes éveillé, vous faites d’autres choses dans ce lit, vous risquez d’affaiblir la relation que votre cerveau a appris entre lit et dormir, et/ou pire, de carrément lui apprendre que maintenant, lit = insomnie.

Alors petit conseil lorsque vous n’arrivez pas à vous rendormir, levez vous et faites quelque chose qui vous détend et qui vous relaxe. Le sommeil reviendra de lui-même 😉

 

 


Bonus : il existe plusieurs sortes de conditionnement répondant. Parmi eux se trouve le conditionnement évaluatif.

Pour faire simple et court, le conditionnement évaluatif consiste à associer un objet avec une valence émotionnelle neutre à un autre objet à valence émotionnelle non neutre (souvent positive) dans le but que l’objet neutre se voit attribuer la valence émotionnelle positive de l’autre objet.

Alors, qu’est-ce qu’une valence émotionnelle ? C’est très simple, une valence émotionnelle c’est le caractère positif ou négatif d’une émotion. Par exemple, pour certaines personnes une araignée renvoie à du dégoût et/ou de la peur. L’araignée a donc ici une valence émotionnelle négative. A contrario, pour un collectionneur d’araignées, ces dernières renvoient à de la passion, de la curiosité, parfois même de l’amour (pourquoi pas). Dans ce cas, les araignées ont donc une valence émotionnelle positive.

Le conditionnement évaluatif est surtout utilisé (à ma connaissance), dans le monde de la publicité, en voici un exemple :

  • Si je vous dis “Nespresso, what else ?” à qui pensez vous ?

George Clooney, évidemment ! Enfin, pour ceux qui avaient la télévision à cette époque.

Si vous ne le savez pas encore, le monde de la publicité, du marketing et plus généralement de la communication se basent énormément sur les mécanismes du conditionnement pour nous convaincre et nous faire acheter. Reprenons l’exemple de Nespresso et de George et transposons le à l’expérience de Pavlov.

Dans cette perspective (si vous avez suivi vous l’aurez compris), nous sommes le chien de Pavlov (désolée), Nespresso est le son de cloche et George Clooney est la nourriture pour chien (désolée George).

Pour continuer sur le même exemple, George Clooney est un acteur charismatique, et très apprécié de l’opinion publique (nous). Nous pouvons donc dire qu’il est associé de manière positive dans nos esprits.

Et bien, à force de répéter l’assocation “George Clooney = Nespresso”, Nespresso s’est vu attribuer l’image positive de George Clooney, ce qui a fait augmenter ses ventes de 40% cette année là.

Un petit schéma pour vous expliquer :

Pour nous (consommateurs) : George Clooney = positif (charismatique, beau, etc.)

Dans la publicité : Association “George Clooney = Nespresso”

Finalement, pour nous après ces publicités répétitives : Nespresso = positif

Les attributs de George Clooney ont été attribués, transposés à la marque Nespresso. C’est ce qu’on appelle du conditionnement évaluatif.

Et la publicité en regorge. Si je vous dis “Dior, J’adore”, vous penserez certainement à Charlize Theron en jolie robe longue dorée par exemple, et cela vaut pour une multitude de marques et entreprises. Les égéries de marque et les partenariats servent également à ça. Et c’est aussi pour cette raison que lorsqu’un scandale éclate autour d’une personnalité publique, les marques et entreprises cessent leur collaboration avec elle, pour ne pas se voir attribuer la négativité issue du scandale de cette personne.

From : https://medium.com/@berenice.lfbvr/comment-le-conditionnement-influence-notre-vie-quotidienne-be7d713b6347

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